Que faire à Folegandros : 8 incontournables
De la Chora suspendue aux criques du bout de l'île, classé du plus emblématique au plus confidentiel.
1La Chora, posée au bord du vide
C'est la raison pour laquelle on vient. La Chora de Folegandros tient sur un replat à deux cents mètres au-dessus de la mer, et son bord nord s'arrête net sur le vide : les dernières maisons sont bâties à un mètre du précipice, sans garde-corps ni artifice. On y circule dans un enchaînement de cinq places plantées d'arbres, toutes fermées aux voitures, où les tables des cafés débordent les unes sur les autres. Le Kastro, le noyau médiéval du XIIIe siècle bâti par les Vénitiens, occupe la partie haute : des maisons soudées les unes aux autres forment un rempart continu, avec des escaliers de bois en façade et des passages voûtés qu'on traverse en baissant la tête.
2L'église Panagia et la montée au rocher
Au-dessus de la Chora, un rocher pelé monte encore de deux cents mètres, et l'église blanche de la Panagia se tient à son sommet. On y accède par un chemin en lacets pavé et blanchi à la chaux, très visible depuis le village : comptez vingt à vingt-cinq minutes de montée régulière, sans difficulté technique mais sans un mètre d'ombre. L'église actuelle date du XIXe siècle et repose sur les fondations d'un temple antique dont des blocs sont encore visibles dans les murs. Le 15 août, l'icône descend en procession jusqu'à la Chora, puis remonte le lendemain. Le reste de l'année, on y va pour le panorama : toute l'île d'un côté, Sikinos et Ios de l'autre.
3Katergo, la crique sans route
Deux bandes de gros galets séparées par un éperon de roche, une eau d'une transparence difficile à croire, et aucune route pour y parvenir. Katergo est la plage que tout le monde photographie et que peu de gens atteignent sans réfléchir un peu : soit le bateau-taxi depuis Karavostasis, dix minutes de traversée et des rotations régulières en saison, soit quarante minutes de sentier depuis Livadi, raide, caillouteux et sans un arbre. Il n'y a rien sur place, pas de buvette et pas un mètre d'ombre. C'est exactement ce qui la préserve.
4Ano Meria et les themonies
Le second village de l'île ne ressemble à aucun autre village des Cyclades, parce que ce n'est pas vraiment un village. Ano Meria s'étire sur cinq kilomètres le long de la crête, en une succession de fermes isolées appelées themonies : une maison basse blanchie, une citerne à dôme, une aire de battage circulaire en pierre sèche, le tout ceinturé d'un muret. Les habitants y vivaient de l'orge et de la chèvre, loin de la mer et des pirates. Le musée ethnographique, installé dans une themonia restaurée, montre l'intérieur d'une de ces fermes tel qu'il était. Deux tavernes, ouvertes selon l'humeur de la saison, servent le matsata, les pâtes fraîches de l'île.
5Agali, Galifos et Agios Nikolaos
Sur la côte sud, une seule baie reçoit la route, et trois plages s'enchaînent à partir de là. Agali est la plus simple : le bus vous dépose au bord de l'eau, trois tavernes tiennent la plage et les bateaux-taxis y font escale. De là, un sentier part au-dessus des rochers vers Galifos, dix minutes plus loin, une crique étroite bordée de cabanes de pierre où le naturisme est toléré depuis longtemps. Encore vingt minutes et c'est Agios Nikolaos, la plus belle du trio, avec son sable clair, ses tamaris et sa taverne. De là, on voit la Chora en entier, minuscule tout en haut de son à-pic.
6Le tour de l'île en bateau et Chrysospilia
Vue de la mer, Folegandros devient une autre île. La côte nord n'est qu'une muraille de calcaire de plusieurs centaines de mètres, sans un accès, percée de grottes et de criques que rien ne relie à la terre. Les sorties à la journée partent de Karavostasis ou d'Agali, font le tour complet en s'arrêtant pour la baignade, et passent au pied de Chrysospilia, la grotte dorée. Cette cavité située sous la Chora est couverte de centaines de noms gravés par de jeunes Grecs de l'Antiquité, au IVe siècle avant notre ère. Le site est fermé au public pour des raisons archéologiques et de sécurité : on ne le voit que depuis le bateau, mais on comprend pourquoi il a été choisi.
7Les chapelles et les places de la Chora, le soir
Folegandros n'a pas de vie nocturne au sens où l'entendent Mykonos ou Ios, et c'est précisément l'argument. Après le dîner, tout se joue sur les places de la Chora, qui se remplissent sans effort autour de dix heures et se vident vers une heure du matin. Quelques bars posent leurs tabourets contre les murs blanchis, sous les bougainvilliers, à deux pas d'une chapelle à dôme. L'île en compte une soixantaine, presque toutes privées, entretenues par une famille qui ouvre la porte une fois l'an pour la fête du saint. Dans la journée, ce sont ces ruelles dallées et rejointoyées à la chaux qui occupent le plus clair du temps de ceux qui séjournent en haut.
8Karavostasis et les criques du port
Le port tient en un croissant de maisons blanches, quelques tavernes et une plage au bord de laquelle le bus attend les ferries. On le traverse en général sans s'arrêter, ce qui est une erreur quand le bateau arrive en fin de journée : Vardia est à dix minutes de marche au nord, Livadi à vingt minutes avec ses tamaris et sa taverne, et Vitsentzou se gagne par un sentier côtier en un quart d'heure. C'est aussi de Karavostasis que partent les bateaux-taxis vers Katergo, et l'un des rares endroits de l'île où l'on trouve un distributeur de billets.
Et aussi, si vous avez le temps
Le musée ethnographique d'Ano Meria, installé dans une themonia restaurée, se visite en une demi-heure et explique tout le reste de l'île. La plage d'Ambeli, à vingt minutes de marche du dernier hameau, tient une dizaine de personnes et n'en accueille presque jamais autant. Enfin, si votre séjour tombe sur un panigiri, l'une de ces fêtes de chapelle où l'on sert le matsata à toute la vallée et où l'on danse jusqu'au matin, laissez tomber le programme et allez-y.
Comment aller à Folegandros ?
Pas d'aéroport, pas d'exception : tout le monde arrive par la mer, à Karavostasis.