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La moussaka
μουσακάς · mousakásPlat au four10 à 14 € en taverne
Des couches d'aubergines frites, de viande d'agneau ou de bœuf hachée à la tomate et à la cannelle, de pommes de terre selon les régions, le tout noyé sous une béchamel épaisse et gratiné au four. C'est le plat que tout le monde associe à la Grèce, et pourtant il n'a rien d'un plat de tous les jours : sa version moderne date des années 1920 et du cuisinier Nikólaos Tselementés, qui a ajouté la béchamel française à une recette bien plus rustique. Une bonne moussaka se reconnaît à sa tenue : elle se coupe en parts nettes et ne rend pas d'eau. Quand elle sort d'un four à micro-ondes en portion individuelle brûlante, la maison sert du surgelé.
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Le souvlaki
σουβλάκι · souvlákiGrillade3,50 à 12 € selon la formule
Des dés de porc ou de poulet marinés à l'origan et au citron, enfilés sur une petite brochette et passés au charbon. Le mot désigne aussi bien la brochette seule, qu'on appelle kalamáki, que l'assiette complète avec pita, frites et tzatziki. À Athènes, des rues entières d'Exárcheia et de Psyrrí en vivent, et une brochette coûte encore moins de deux euros dans les quartiers où les Grecs mangent. Sur la carte, « souvlaki merída » signifie l'assiette généreuse, « kalamáki » la brochette à l'unité.
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La pita gyros
πίτα γύρο · píta gýroRue4 à 5,50 €
Le gyros, c'est la broche verticale et la viande qu'on en racle. Emballée dans une galette de pita huilée et passée sur la plancha, avec tomate, oignon rouge, frites à l'intérieur et tzatziki, c'est le repas le moins cher et le plus consommé du pays. La formule à connaître au comptoir tient en deux mots : « apó óla », littéralement de tout, qui vous garantit la garniture complète. Le porc reste la viande par défaut, le poulet arrive en second, et le gyros de veau se paie plus cher.
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Le tzatziki
τζατζίκι · tzatzíkiMezze4 à 5 €
Du yaourt de brebis égoutté, du concombre râpé et pressé, de l'ail, de l'aneth, un filet d'huile d'olive. Rien d'autre. C'est le mezze qui arrive en premier sur toutes les tables et c'est aussi le meilleur indicateur du sérieux d'une cuisine : un tzatziki trop lisse, blanc éclatant et sans grain, sort d'un seau industriel. Le vrai est granuleux, jaunit légèrement sous l'huile et pique franchement à l'ail. Il se mange avec du pain, jamais avec une cuillère, et il accompagne les grillades autant qu'il calme le piment.
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La salade grecque
χωριάτικη · choriátikiSalade7 à 9 €
Son nom veut dire salade du village, et sa composition ne souffre aucune fantaisie : tomates en gros quartiers, concombre, poivron vert, oignon rouge, olives, origan, huile d'olive, et un pavé de feta entier posé sur le dessus. Pas de salade verte, pas de vinaigrette, pas de citron. Si votre assiette contient de la laitue, vous êtes dans un établissement à touristes. Le geste local consiste à garder le fond d'huile et de jus de tomate pour y tremper le pain, ce qui porte un nom : papára.
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La spanakopita
σπανακόπιτα · spanakópitaTourte2,50 à 4 € la part
Des épinards ou des herbes sauvages, de la feta, de l'aneth et des oignons nouveaux, enfermés entre des feuilles de pâte filo badigeonnées d'huile. Elle appartient à la grande famille des pítes, les tourtes salées qui structurent toute la cuisine du nord de la Grèce, où l'Épire en compte des dizaines de variantes. On l'achète à la part dans les fournoi, ces fours de quartier ouverts dès six heures du matin, et elle se mange chaude dans la main. Sa cousine à la feta seule s'appelle tyrópita, et c'est le petit-déjeuner grec le plus répandu.
7
Les dolmades
ντολμαδάκια · dolmadákiaMezze5 à 7 €
Des feuilles de vigne blanchies, roulées serré autour d'un riz parfumé à l'aneth, à la menthe et au citron, puis cuites à couvert dans l'huile d'olive. La version de jeûne, dite nistísima, se sert froide et ne contient pas de viande. La version chaude, à la viande hachée et nappée d'une sauce œuf-citron, s'appelle dolmádes me avgolémono et se cuisine en famille le dimanche. Les rouler à la main prend une matinée entière, ce qui explique que beaucoup de tavernes achètent les leurs en conserve. Un dolmade fait maison se reconnaît à sa taille irrégulière.
8
Les keftedes
κεφτέδες · keftédesMezze8 à 10 €
Des boulettes de viande hachée à la mie de pain trempée, à la menthe fraîche et à l'oignon, farinées et frites à la poêle. Elles arrivent souvent en mezze, une douzaine dans une assiette avec du citron. Chaque île en a sa déclinaison sans viande : les tomatokeftédes de Santorin, faits de tomates cerises et d'origan, et les kolokythokeftédes de courgette et de menthe que l'on trouve partout en Crète et dans le Dodécanèse.
9
Le saganaki
σαγανάκι · saganákiMezze6 à 8 €
Une tranche épaisse de kefalotýri ou de graviéra, farinée et poêlée jusqu'à former une croûte, servie brûlante dans sa petite poêle à deux anses qui lui donne son nom. On l'arrose de citron dès l'arrivée, sans attendre. La version au miel et aux graines de sésame tient lieu de plat et de dessert. Le flambage à l'ouzo devant la table, avec le cri « opa », est une invention des restaurants grecs de Chicago : en Grèce, personne ne fait ça.
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Les gemista
γεμιστά · gemistáPlat au four8 à 11 €
Des tomates, des poivrons et parfois des courgettes évidés, farcis d'un riz à l'aneth, au persil et à la menthe, puis cuits au four sur un lit de pommes de terre avec beaucoup d'huile d'olive. Ils se servent tièdes ou à température ambiante, jamais brûlants, et cela déroute presque tous les visiteurs français. Ce n'est pas un défaut de service : la cuisine grecque considère qu'un plat à l'huile d'olive libère mieux ses arômes tiède. Les gemista appartiennent aux ladera, cette famille de légumes mijotés à l'huile qui remplit les tables grecques plusieurs fois par semaine.
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Le poulpe grillé
χταπόδι στα κάρβουνα · chtapódi sta kárvounaPoisson12 à 18 €
Attendri, séché plusieurs heures au soleil sur un fil tendu devant la taverne, puis grillé au charbon et arrosé d'huile, de vinaigre et d'origan. Les tentacules pendues face à la mer relèvent de la recette, pas de la décoration : une taverne qui les affiche traite son poulpe elle-même. Il se mange en mezze, avec un ouzo dilué à l'eau, en fin d'après-midi. Dans les Cyclades, on le sert aussi en salade de pois cassés, posé sur une fava tiède.
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Les kalamarakia
καλαμαράκια · kalamarákiaPoisson10 à 16 €
Des anneaux de calamar farinés et frits à la commande, servis avec un citron et rien d'autre. Le débat local ne porte pas sur la recette mais sur la provenance : la plupart des tavernes utilisent du calamar surgelé, et elles doivent légalement le signaler par un astérisque sur la carte. Vérifiez-le, ou demandez, la réponse est franche presque partout. Grillés entiers plutôt que frits, ils coûtent plus cher et laissent enfin goûter le calamar.
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Le dakos
ντάκος · dákosSalade5 à 8 €
Une galette d'orge deux fois cuite, à peine humectée d'eau et d'huile, couverte de tomate râpée, de mizíthra fraîche, de câpres et d'origan. C'est le mezze crétois par excellence, né de la nécessité de manger un pain qui se conservait des mois. Il cale autant qu'un plat, se sert froid et ne coûte presque rien à produire. Sur les cartes des îles, il apparaît parfois sous le nom de koukouvágia, la chouette, à cause de sa tête ronde.
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Le pastitsio
παστίτσιο · pastítsioPlat au four9 à 12 €
De longs macaronis creux, une sauce de viande hachée à la tomate et à la cannelle, une béchamel épaisse par-dessus, le tout gratiné et découpé en carrés. C'est le cousin des pâtes de la moussaka, et le plat que les enfants finissent sans discuter. Il se cuisine le dimanche, dans les grandes plaques familiales, et se mange volontiers tiède le lendemain. Sa signature aromatique est la cannelle dans la viande, qui déroute au premier essai puis devient le goût même de la cuisine grecque de maison.