Que faire à Sérifos : 8 incontournables
De la Chora au-dessus du port jusqu'aux criques du sud, du plus emblématique au plus confidentiel.
1La Chora, en amphithéâtre sur son piton
C'est la première image de l'île, depuis le pont du ferry : un village blanc tassé sur un piton, deux cents mètres au-dessus du port. La Chora de Sérifos se classe parmi les plus belles des Cyclades, et sa densité tenait lieu de rempart contre les pirates. Elle a deux étages. En bas, Kato Chora abrite le musée folklorique et un petit théâtre de plein air. En haut, Pano Chora commence aux trois moulins restaurés et à la Pano Piatsa, la place où l'île se retrouve toute l'année, entre l'hôtel de ville néoclassique et l'église Agios Athanasios. Des escaliers montent de là jusqu'aux restes du Kastro vénitien, d'où l'on voit toute la baie de Livadi et, par temps clair, Sifnos.
2Monter de Livadi à la Chora par l'escalier
La route fait deux kilomètres de virages et le bus met un quart d'heure. L'ancien chemin muletier, lui, monte en ligne presque droite, en escaliers de pierre, sur environ 2,4 km. Comptez trente à quarante minutes de montée, beaucoup moins pour redescendre. C'est la meilleure introduction à l'île : le village de Livadi rapetisse sous vos pieds, la Chora grandit au-dessus, et l'on arrive sur la place au moment où la lumière tombe. La formule qui marche : monter à pied avant le coucher du soleil, dîner en haut, redescendre en bus.
3Megalo Livadi, le village de la mine
Dix kilomètres à l'ouest de la Chora, la route descend sur une baie où rien ne ressemble aux Cyclades des cartes postales. Megalo Livadi a été construit pour l'exploitation du fer : un siège de compagnie néoclassique, des maisons ouvrières à demi effondrées, des galeries béantes dans les collines rouille et une rampe de chargement qui avance toujours au-dessus de l'eau. C'est ici que les mineurs ont fait grève le 21 août 1916, grève qui a fini dans le sang et a arraché la journée de huit heures. Aujourd'hui, deux ou trois tavernes posent leurs tables sous les tamaris, au ras de l'eau. Le détail du parcours est plus bas, arrêt par arrêt.
4Agios Sostis, la chapelle entre deux criques
Au nord de Psili Ammos, une langue de sable sépare deux criques et finit sur un promontoire où se tient une chapelle blanche. Agios Sostis est souvent citée comme la plus belle plage de l'île par ceux qui la connaissent, parce qu'elle offre deux baignades selon le vent : l'une des anses est toujours abritée. Il n'y a presque rien sur place, peu d'ombre, et il vaut mieux laisser la voiture sur le haut plutôt que de descendre jusqu'aux tamaris. Le bus d'été la dessert.
5Psili Ammos et les plages de la côte est
C'est la plage que tout le monde cite. Psili Ammos, longue anse de sable blanc bordée de tamaris, a été élue en 2003 plus belle plage de Méditerranée par les lecteurs du Sunday Times, et en juillet-août elle paie cette réputation : elle est pleine dès 11 h. Allez-y en juin ou en septembre, ou tôt le matin. Juste au nord, Agios Ioannis est plus calme. Au sud de Livadi, Livadakia est la plus pratique : sable fin, pente douce, à pied depuis le port, et à l'abri du meltem. Pour le masque, continuez jusqu'à Lia, qui se gagne à pied et fait face à l'îlot de Vous.
6Le monastère fortifié des Taxiarques
Bâti en 1572 près du village de Galani, dans le nord de l'île, le monastère ressemble d'abord à une forteresse : de hauts murs blancs presque aveugles, pensés contre les raids de pirates. À l'intérieur, l'église dédiée aux archanges Michel et Gabriel, patrons de Sérifos, garde des fresques du XVIIIe siècle, une iconostase sculptée et un trône épiscopal incrusté d'ivoire. Il a compté jusqu'à soixante moines. Un seul y vit aujourd'hui. Les horaires dépendent de lui, alors appelez avant de monter (22810 51027) pour trouver porte ouverte, et prévoyez une tenue couvrant épaules et genoux.
7Les villages du nord : Panagia, Galani, Kallitsos
La plupart des visiteurs ne dépassent jamais la Chora vers le nord, et c'est dommage. Une petite route dessert quatre hameaux posés dans des cultures en terrasses. Panagia doit son nom à une église byzantine plantée près d'un très vieil olivier. Chaque 15 août, la fête de la Xylopanagia s'y déroule autour de l'arbre. Kallitsos, blotti dans un vallon vert, est le plus joli. Galani et Pyrgos complètent la boucle, qui passe par le monastère et redescend vers Platys Gialos et Sykamia, deux plages du nord qu'on atteint par des descentes raides à travers les terrasses.
8La côte sud en bateau : Kalo Ampeli, Vagia, Ganema
La côte sud aligne des baies profondes que la route n'atteint qu'en partie. Vagia et Ganema sont desservies en voiture et par le bus d'été : sable, tamaris, eau calme. Kalo Ampeli, que certains tiennent pour la plus belle de Sérifos, ne s'atteint qu'à pied : des galets fins, une eau limpide et des fonds rocheux où le masque vaut le détour. Les sorties en bateau depuis Livadi font le tour de ces criques à la journée, avec des arrêts baignade là où aucune route ne mène. Plus à l'ouest, l'Aspros Kavos n'est pas une plage mais un chaos rocheux troué de cavités, où l'on plonge dans une eau très profonde. À réserver aux bons nageurs, par mer calme.
Et aussi, si vous avez le temps
Le musée archéologique de la Chora, installé dans une maison traditionnelle, expose des sculptures funéraires en marbre retrouvées sur l'île. Sur la route de la Chora, l'atelier de céramique Kerameio cuit des grès à haute température, loin des boutiques de souvenirs. Enfin, un domaine en agriculture biologique, sur les hauteurs de Platys Gialos, vinifie encore le serifiotiko, le cépage blanc de l'île, que la fermeture des mines avait presque fait disparaître. Et si vous tenez au mythe : c'est à Sérifos que Persée aurait changé le roi Polydectès en pierre avec la tête de Méduse.
Comment aller à Sérifos ?
Pas d'aéroport : tout le monde arrive par la mer, au port de Livadi.